Cancer du sein : Roche et l'Institut Curie ouvrent une nouvelle voie thérapeutique
Chacun connaît le laboratoire Roche en tant que pionnier de la médecine personnalisée en oncologie avec l'Herceptin® (trastuzumab). Adapter le traitement aux patients, une ambition poursuivie par le laboratoire avec la mise en place d'une nouvelle stratégie de R&D, basée sur la compréhension approfondie des molécules, et l'initiation de nombreux partenariats. Aujourd'hui, Roche et l'Institut Curie mutualisent leurs compétences.
La médecine personnalisée est maintenant l'orientation de Roche notamment à travers la mise en place du Réseau Français de Recherche Roche. Lancé en avril 2009, il permet la mise en place d'alliances innovantes avec les équipes médicales de recherche française, les instituts académiques de recherche et les sociétés de biotechnologie. « Plus de 20 partenariats de recherche ont été initiés depuis sa création », souligne Sophie Kornowski-Bonnet (en photo), présidente de Roche Pharma France. Ces partenariats portent sur des programmes en amont de la recherche clinique : recherche fondamentale, recherche pré-clinique et recherche translationnelle. Cette dernière constitue un lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Elle permet d'accélérer l'utilisation des recherches les plus récentes au bénéfice du patient. De nouvelles disciplines sont associées dans cette stratégie de R&D, a expliqué Jacky Vonderscher, responsable de la recherche translationnelle chez Roche : médecine translationnelle, biologie des systèmes, modélisation et simulation, ainsi que recherche de biomarqueurs.
Addition des expertises
Roche et l'Institut Curie viennent de signer un partenariat de recherche sur trois ans, afin d'examiner ensemble une nouvelle piste prometteuse dans des formes de cancer du sein particulièrement graves, à risque très élevé de récidive, pour lesquels il n'existe pas de traitement ciblé. Il s'agira « d'explorer une double voie thérapeutique », précise le Professeur Claude Huriet, président de l'Institut Curie. Le partenariat permettra de mieux comprendre le mode d'action d'une molécule d'une nouvelle classe issue de la recherche Roche. L'étude va porter sur les modifications induites par cette molécule dans les tumeurs grâce à l'utilisation de modèles et technologies très performants développés à l'Institut Curie. En résumé, sont additionnés un nouveau traitement de Roche, possiblement efficace dans des cancers du sein agressifs, et dont les mécanismes ne sont pas identifiés, et la grande expertise de l'Institut Curie dans la recherche translationnelle d'une part, et la recherche clinique d'autre part.
L'utilisation de modèles et technologies très performants
Les plates-formes à haut débit de l'Institut Curie permettront ainsi d'évaluer les variations de l'expression des gènes et celles des protéines induites par la molécule Roche testée et de caractériser le mécanisme d'action et les voies de signalisation impliquées. Des modèles animaux bien caractérisés reposent sur la banque de l'Institut de sous types de tumeurs mammaires. Ils permettront d'explorer les mécanismes de la cancérogenèse in vivo chez la souris. L'objectif, tel que défini par Didier Decaudin, responsable du laboratoire d'investigation préclinique de l'Institut Curie, est de mettre en évidence « des marqueurs prédictifs de la réponse et de la non réponse » au traitement, d'identifier les patientes susceptibles de bénéficier de cette nouvelle molécule, de définir des combinaisons thérapeutiques d'intérêt, de participer aux essais chez les patientes.
Dominique Monnier