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Février 2010

Grands conditionnements : l'USPO en désaccord avec la CNAM 


En 2009, les grandes boîtes de médicaments dispensées aux malades chroniques pour des
traitements de trois mois ont généré des économies de l'ordre de 105 millions d'euros, selon la CNAM. L'USPO ne partage pas l'analyse.


La caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM) qui encourage le développement de grande boîtes pour des malades chroniques atteints de chroniques diabète, d'hypertension artérielle, de cholestérol et d'ostéoporose, délivrés pour des périodes de trois mois, vient de rendre publique une étude sur l'économie générée par ce type de conditionnement. « Le coût d'un traitement est en moyenne 13 % moins cher que celui réalisé avec des boîtes mensuelles », estime la CNAM fin janvier. A l'appui de sa démonstration, le traitement de l'ostéoporose pour lequel trois boîtes mensuelles reviennent à 409 euros, alors qu'un conditionnement trimestriel ne coûte que 344 euros. Ce dernier format de dispensation des médicaments concerne 47 % des traitements délivrés contre l'ostéoporose, 29,7% de ceux prescrits contre le cholestérol, 23,2% des antidiabétiques oraux et enfin 19,8% des antihypertenseurs. Toutes classes confondues, les boîtes « trimestrielles » représentent 23,2 % des traitements, avance encore la CNAM.

Le compte n'est pas bon

Un bilan qui n'est pas du goût de l'Union des syndicats des pharmaciens d'officine (USPO) qui juge « scandaleuse » cette analyse. « Elle est scandaleuse en communication », commente son président délégué, Gilles Bonnefond (en photo) : « La caisse nationale parle de 105 millions d'euros, alors que dans les faits, elle ne réalise que 58 millions d'économies. La CNAM rajoute les économies de la complémentaire santé et celles de la franchise payée par les assurés. Sans compter les gaspillages. » Car, pour le syndicat, ce dernier est bien plus important avec les grands conditionnements qu'avec des boîtes pour un mois. Une analyse qu'il a déjà déclinée dans le passé (1) et par laquelle il a demandé, chiffres à l'appui, de surseoir à ce type de dispensation par les officines et de fabrication par les industriels concernés. « Ce gaspillage peut facilement être estimé entre 12 et 15 millions d'euros à conditionnements comparés. Au bout du compte, nous n'en sommes qu'à des économies de l'ordre de 40 à 45 millions d'euros pour l'assurance-maladie. » « Est-ce que ce grand bazar valait vraiment le coup pour un tel résultat ? », interroge le syndicaliste officinal. « Personne ne mesure vraiment le gaspillage, d'autant qu'il y a souvent des changements de traitements. Chaque fois qu'un malade jette une boîte de trois mois, ce n'est pas un signal de bonne qualité que l'on donne aux assurés. Le rendement de cette démarche n'est pas à la hauteur des attentes. » A l'appui de la démonstration, Gilles Bonnefond relève que pour le traitement du diabète par la metformine 1000, l'économie n'est que de 19 centimes d'économie, pour des conditionnements au prix avoisinant les 4 euros

Pour sortir de l'ornière, l'USPO demande à ce que l'on réfléchisse à d'autres pistes, notamment dans le cadre de celle ouverte avec le pharmacien correspondant créé par la loi HPST. Affaire à suivre...

 

Jean-Jacques Cristofari
Rédacteur en chef de Pharmaceutiques

 

(1) En octobre dernier, l'USPO a rendu public son enquête sur les conditionnements trimestriels, qui fait ressortir que 23,1 % des patients chroniques changent de traitement au cours de l'année. « Quand le patient a une dispensation mensuelle, c'est un incident dans son parcours, par contre, quand on favorise le stockage de trois mois pour ces patients, l'incident se transforme en  gaspillage, avec 36 millions  d'euros de gâchis en 2009, alors que le nombre de traitements trimestriels est de 25%. Mais ce taux progresse et le gaspillage avec », fait savoir à l'époque Gilles Bonnefond à la ministre de la Santé lors des rencontres annuelles de l'USPO à Paris Dauphine.

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