Roche et l'INCa : un partenariat exemplaire
Le laboratoire Roche, dont la filiale française est présidée par Sophie Kornoswski-Bonnet, et l'Institut National du Cancer (INCa), présidé par le Pr Dominique Maraninchi, confirment leur volonté commune de s'engager ensemble dans un programme international ambitieux.
Le séquençage complet du génome tumoral, un programme de recherche d'une envergure équivalente à celle du séquençage du génome humain, est désormais inscrit sur la feuille de route commune à Roche et à l'INCa. Le programme international, autour duquel se sont accordés les deux partenaires, permettra à l'avenir de comparer le génome des tumeurs au génome normal des malades, et surtout d'identifier des gènes encore inconnus impliqués dans la cancérogenèse. L'objectif est, de l'avis des parties prenantes, ambitieux : il vise à séquencer intégralement le génome des 50 types et sous-types de cancers les plus fréquents à travers le monde. Dans cette perspective, l'INCa pilote la participation française du programme académique international de séquençage initié par l'ICGC ou International cancer génome consortium. Le suisse Roche financera de son côté le projet de séquençage du cancer du sein HER-2+, à hauteur de 5 millions d'euros. « Cette alliance entre les secteurs public et privé représente le plus important partenariat du "réseau français de recherche Roche", aussi bien en termes de retombées scientifiques attendues que d'engagement financier », confirme la présidente de Roche France, Sophie Kornowski-Bonnet (en photo). Elle s'inscrit également dans la droite ligne de la volonté d'engager des partenariats nouveaux entre public privé, exprimée en juin dernier lors de la rencontre de « R&D dating » initiée au plan international par le LIR et confirmée par le récent Conseil stratégique des industries de santé (CSIS).
Soutenir des alliances innovantes
Le laboratoire suisse soutiendra ainsi financièrement l'INCa sur une durée de cinq ans, pour des actions qui portent déjà sur un projet d'identification des marqueurs de diagnostic et de pronostic des cancers du sein ou encore la mise en place d'une structure d'analyse bioinformatique. Via son « réseau français de recherche », Roche entend ainsi soutenir des alliances innovantes avec des équipes universitaires de recherche françaises, les instituts académiques et des sociétés de biotechnologie. « Ces alliances sont développées dans des domaines thérapeutiques prioritaires, tels la cancérologie, les maladies du système nerveux central et plus particulièrement la maladie d'Alzheimer ou encore les maladies du métabolisme comme le diabète », souligne encore le laboratoire. Ce dernier est depuis quelques années déjà un partenaire « historique » de l'INCa, rappelle sa présidente. Dès 2006, son réseau s'est engagé avec l'Institut dans un programme de recherche sur les formes précoces du cancer colorectal - pour lequel Roche a développé une molécule, l'Avastin®, qui est le 1er anticorps ciblant l'angiogénèse -, suivi en 2008 d'un programme sur les lymphomes avant de se lancer cette année dans le séquençage complet du génome tumoral.
« Notre système de soins est raisonnablement bien adapté à ceux qui rencontrent le cancer, avec des parcours thérapeutiques qui débouchent sur de nombreuses guérisons », a confirmé le Pr Maraninchi, lors de la réunion de présentation de ce nouveau partenariat avec Roche. « Nous allons démontrer que le cancer n'est plus une fatalité. Nous nous préparons au démembrement du cancer », a ajouté le patron de l'INCa en exprimant le vœu que la recherche contre le cancer aille rapidement plus loin et se développe au niveau international, seul niveau réellement pertinent. « 29 plates-formes labellisées fonctionnent en France et les candidats aux thérapies ciblées arrivent. Notre rôle est de rendre le système lisible et accessible », a conclu ce dernier.