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Juillet 2009

Automédication : un IPP sans ordonnance

Pantoprazole 20 mg, propriété du laboratoire Nycomed, vient d'obtenir une AMM européenne et pourra bientôt être délivré sans ordonnance au comptoir officinal. Le lancement du premier IPP sur le marché français de l'automédication est attendu cet automne.

Les 27 pays membres de l'UE ont tranché. Dans le cadre de la nouvelle procédure centralisée pour les produits dits OTC, pantoprazole 20 mg a obtenu (à l'unanimité) une autorisation de mise sur le marché continentale le 12 juin dernier. Autrement dit, ce médicament - dont le lancement est attendu au mois de novembre sur le territoire français - pourra bientôt être délivré sans ordonnance au comptoir officinal. Une première du genre pour un inhibiteur de la pompe à proton (IPP). Rappelons également qu'il s'agit du second lancement de ce type, le très médiatique traitement anti-obésité de GSK (Alli®) ayant ouvert le bal il y a quelques semaines seulement. Du fait de son « ancienneté » et de sa relative « fiabilité » (1), la Commission européenne a par ailleurs estimé que la dispensation de ce produit ne nécessiterait pas l'application d'un plan de gestion des risques (PGR). Pour rappel, cette molécule, qui sera commercialisée en France sous le nom de Pantozol Control®, est indiquée dans le traitement - à court terme - des symptômes du reflux gastro-œsophagien (RGO) chez l'adulte (brûlures d'estomac, remontées acides, etc.). Un mal qui affecte près de 20 millions de personnes dans l'Hexagone.

Création d'une BU spécifique

D'après le directeur général de la filiale française du laboratoire nordique, l'obtention de cette AMM européenne n'est qu'un premier pas. « En ce qui nous concerne, l'OTC est une cible prioritaire dans la conquête de nouveaux territoires, confirme Emmanuel de Rivoire. Exception faite du Riopan® (magaldrate), nous n'avions aucun produit digne de ce nom en France. Pour palier ce problème, nous venons de créer une business unit (BU) spécifique. Nous allons prendre appui sur la culture médicale de notre groupe et nous tenterons de l'adapter au marché de l'automédication. » Le directeur de cette nouvelle entité, partie intégrante Nycomed France, nous livre les clés du succès de cette démarche. « L'accompagnement des patients et la qualité du conseil pharmaceutique seront des facteurs essentiels dans la réussite du lancement de ce produit, relève Karl Parance. En vue de réussir ce switch majeur de l'OTC, nous mettons actuellement au point un programme de formation à destination des équipes officinales (délivrance adaptée, suivi d'utilisation, réorientation vers le médecin en cas de besoin, etc.). De leur côté, les patients ne seront pas en reste et recevront toutes les informations relatives à cette pathologie (brochure d'information, site Internet dédié). » Pour atteindre son but, Nycomed pourra aussi compter sur la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) qui a récemment accepté de parrainer et de soutenir le laboratoire dans cette entreprise.

L'OTC a le vent en poupe

Dans le contexte actuel, la stratégie déployée par la firme pharmaceutique ne doit rien au hasard. Depuis le 6 mai dernier et la tombée du brevet de pantoprazole dans le domaine public, pas moins de 13 versions génériques ont fait irruption sur le marché mondial. Un véritable coup dur pour Nycomed qui se devait de réagir. Et pour cause. Le médicament phare du groupe a généré un chiffre d'affaires global évalué à 1,3 milliard d'euros en 2008. Pour compenser ce colossal manque à gagner, la procédure de délistage du produit à l'échelon européen était devenue une évidence. En marge de cette annonce, les deux dirigeants français ont également fait savoir que ce produit pourrait - à terme - faire l'objet d'une inscription sur la liste des spécialités disponibles en libre accès. Mais, pour cela, il faudra patienter jusqu'en septembre 2010. Au moins...

Ce n'est un secret pour personne, les aléas de la crise économique, la fin de l'ère des blockbusters et l'avènement des génériques ont contraint les industriels à revoir leur modèle de développement. Parmi les relais de croissance identifiés, deux segments semblent tirer leur épingle du jeu : les biotechnologies et... l'OTC. Pour quel résultat ? L'avenir nous le dira.

Jonathan Icart

 

(1) Au total, près de 750 millions de patients ont été traités avec cette molécule mise au point il y a près de 15 ans.

 

 

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