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Mai 2008

Christian Lajoux renouvelé pour 2 ans à la tête du Leem

Rompant avec une tradition établie depuis quelques années, Le Leem renouvelle le président en place, par ailleurs président de Sanofi-Aventis France, pour un nouveau mandat de deux ans.

Christian Lajoux portera jusqu'en 2010 le projet du Leem qui s'inscrit « au coeur des sciences du vivant et au service du progrès thérapeutique en France ». Le syndicat des entreprises du médicament doit déjà faire face au départ - programmé pour la fin 2008 - de son vice-président délégué, Bernard Lemoine, fin connaisseur des arcannes de la branche comme de celles des différentes administrations qui la gouvernent. Aussi, les instances dirigeantes du Leem, dans un contexte que le syndicat qualifie de « fragilisation de l'industrie pharmaceutique », ont-elles fait le choix de la continuité en décidant, à l'unanimité, de prolonger de deux années un mandat qui arrivait normalement à échéance fin 2008.

« Ce renouvellement traduit d'abord la volonté des Entreprises du médicament de se rassembler dans une démarche qui, depuis plusieurs mois, s'efforce d'attirer l'attention des pouvoirs publics et des acteurs de l'économie de la santé, sur la fragilisation de l'industrie pharmaceutique », fait savoir le communiqué du Leem. Il est vrai que le Conseil Stratégique des Industries de Santé, le CSIS, n'a toujours pas livré - ni même fait connaître publiquement ses intentions - ses conclusions quant à l'avenir que les Pouvoirs publics veulent réserver aux industriels concernés. A cet égard, le Leem souligne l'attachement de Christian Lajoux « à une vision commune Etat/Industrie, consacrée par les Conseils Stratégiques des Industries de Santé, dont la mise en œuvre et la réussite sont indispensables pour ancrer la recherche et la production pharmaceutique dans la confiance et la durée en France. »

Car les industriels attendent notamment de savoir s'ils vont encore longtemps rester « confrontés à une pression fiscale et réglementaire qui les pénalise dans une compétition mondiale qui remet en cause le modèle traditionnel de la recherche et de la production de médicaments ». Le message est on ne peut plus clair à la veille de la présidence Française de l'Union Européenne! Ce d'autant que les instituts de toutes obédiences vont prochainement faire connaître leurs bilans - sans doute pas si favorables qu'on pourra le penser - des conditions cadre de l'attractivité de la France en matière sociale et économique. Un rapport sur le bilan des 77 pôles de compétitivité - dont les 8 pôles Santé - est également attendu pour la fin de ce premier semestre.

Des années décisives

« Les perspectives sombres, constatées actuellement en termes d'emploi, d'investissement de production, d'attraction des acteurs de biotechnologie et d'exportation, contrastent avec une situation passée qui a fait de la France le premier pays producteur et exportateur de médicaments en Europe », note encore le Leem qui vient de rendre publique une étude du cabinet Arthur D Little (1) sur la situation de l'emploi dans la branche, qui marque un renversement par rapport aux tendances passées. « Les années qui viennent s'avèrent particulièrement décisives pour le maintien des positions nationales d'une industrie déterminante par son impact sur la santé des populations et la maîtrise des hautes technologies ». Le président de la République devra dire s'il entend consolider et renforcer une industrie « stratégique » à bien des égards.

Jusqu'en 2010, Christian Lajoux est donc invité à porter plus en avant le projet de mutation de l'industrie en France. Un projet qui donne la priorité à l'innovation thérapeutique, en association étroite avec la recherche publique ; qui vise à soutenir des initiatives ambitieuses dans la bioproduction - où nous sommes en retard - et les pôles de compétitivité, ainsi que des politiques d'adaptation des compétences et des formations répondant aux nouveaux besoins des entreprises. Sans omettre la promotion collective du bon usage du médicament, qui devrait normalement ouvrir la voie à la participation des laboratoires pharmaceutiques à l'éducation thérapeutique des malades. Ici aussi le texte de loi attendu depuis plus d'un an sur l'accompagnement thérapeutique des patients tarde à se faire connaître.

« Dans le cadre contractuel bâti avec l'Etat, Les Entreprises du Médicament continueront de proposer une politique du médicament intégrant les besoins toujours croissants de la santé, la mutation des stratégies industrielles et la création de valeur pour le pays », poursuit le Leem.

La décision du Conseil d'Administration sera soumise à la ratification par l'assemblée générale du Leem le 13 juin prochain. Nul doute que cette dernière confirmera les intentions rendues publiques cette semaine.

Jean-Jacques Cristofari
Rédacteur en Chef de Pharmaceutiques

(1) L'emploi dans l'industrie pharmaceutique en France, Facteurs d'évolution et impact à 10 ans

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