Les députés s'attaquent aux dépenses de médicaments
Dans un récent rapport, l'Assemblée nationale pointe la consommation excessive de médicaments en France et prône un meilleur suivi des prescriptions. En réponse, le Leem insiste sur la nécessité de continuer à innover.
Le rapport (1) présenté en conclusion des travaux de la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (MECSS) par la députée Catherine Lemorton a comme point de départ un constat largement connu : « Les français détiennent le record européen de la consommation de médicaments. » En volume comme en valeur. Si les députés relèvent que « les affections de longue durée concentrent la moitié de la consommation de médicaments », ils rappellent aussi que les nouveaux produits tirent largement la croissance : en 2007, selon la CNAMTS, les dépenses de médicaments de moins de trois ans ont ainsi représenté 85 % de la croissance totale des dépenses de médicaments.
« Mieux encadrer la vie du médicament »
Pour faire face à cette trop forte consommation, le rapport préconise diverses mesures : les députés souhaitent notamment une amélioration de l'encadrement de la vie du médicament (gestion plus active de la liste des produits remboursables, mise en place de sanctions en cas d'absence ou de retard d'études post-AMM), le renforcement des conditions d'admission au remboursement ou encore la poursuite du développement des génériques et de l'automédication (90 % des médicaments consommés sont aujourd'hui remboursés par l'assurance-maladie). Les médecins ne sont pas oubliés : la mission parlementaire prône en effet une réforme de leur formation concernant le médicament et un meilleur suivi de leurs prescriptions. Concernant la visite médicale, la mission souhaite que « la politique contractuelle de réduction du nombre de contacts, engagée entre le CEPS et les firmes pharmaceutiques, soit poursuivie et étendue ». Elle préconise en outre que l'abus de visite médicale soit défini dans la charte et que, parallèlement, une « base publique d'information, exhaustive et gratuite, sur le médicament » soit élaborée. Enfin, le rapport souligne la nécessité de simplifier la fiscalité et propose notamment de « mobiliser la taxe sur les dépenses de promotion pour améliorer la régulation de la visite médicale » et de simplifier la contribution à la clause de sauvegarde de l'Objectif national de dépenses d'assurance-maladie (ONDAM), afin de la rendre effectivement applicable et de faire en sorte que les médicaments faisant l'objet d'une rétrocession hospitalière puissent être pris en compte.
Les enjeux de l'innovation
Face aux conclusions de la MECSS, Christian Lajoux est revenu sur les positions du Leem (2) dont il est le président. Après avoir souligné que « la consommation de médicaments en France traduit essentiellement un niveau élevé de prise en charge », il a mis en avant la nécessité de développer le bon usage du médicament, soulignant que près d'un patient sur deux suit mal la prescription de son médecin. Par ailleurs, il a rappelé que la certification de la visite médicale est effectuée sous le contrôle de la Haute autorité de santé (HAS), preuve de son niveau qualitatif élevé, et insisté sur la nécessité de mettre en place une « fiscalité structurante », sous peine de mettre à mal l'attractivité industrielle de la France. Enfin, le président du Leem a rappelé qu'« il faut investir plus que jamais dans l'innovation car c'est d'elle dont dépend le recul des maladies et l'amélioration des traitements ».
Valérie Moulle
(1) http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i0848.asp#P975_238508
(2) http://www.leem-media.com/htm-media/article/article.asp?id_article=1183