Roche : investissement et acquisitions
A l'occasion d'une visite à Paris, Severin Schwan, CEO, est revenu sur les résultats du 1er trimestre, ainsi que sur la stratégie et les perspectives de croissance de Roche.
Quelques semaines après sa prise de fonction, Severin Schwan peut être satisfait : au 1er trimestre, le chiffre d'affaires de Roche a en effet atteint 10.8 milliards de francs suisses, en progression de 9 % (hors effet de change). La pharmacie, hors Tamiflu® antipandémique, progresse au même rythme, soit deux fois plus vite que le marché mondial. Quant à la division diagnostics, elle affiche également une croissance de 9 %, supérieure là encore au marché. Même si Severin Schwan reconnaît que Roche n'affichera sans doute plus des taux de croissance à deux chiffres aussi élevés que par le passé, il a tenu à renouveler sa confiance pour 2008. Il est vrai que Roche dispose de neuf médicaments dépassant le milliard de CHF de chiffre d'affaires. Son portefeuille est en outre un des moins exposé de l'industrie aux génériques, avec seulement 12 % des ventes pharmaceutiques 2007 confrontées aux pertes de brevets aux Etats-Unis d'ici 2012. En outre, les acquisitions récentes de Ventana, spécialisé dans le diagnostic tissulaire, et Piramed, centré sur la recherche de médicaments ciblant la PI3-kinase, lui ont permis de se renforcer encore sur ses métiers. De nouvelles acquisitions de sociétés de petite et moyenne taille sont envisageables dans un avenir proche, le suisse étant toujours à l'affût de nouvelles opportunités, en pharma comme en diagnostic.
Poursuite des investissements
Chez Roche, nulle volonté de mener des programmes de réduction des coûts. Au contraire, le groupe entend poursuivre ses investissements, notamment en R&D : l'oncologie restera un domaine clé, mais des molécules appartenant à de nouveaux axes thérapeutiques, comme le métabolisme, devraient venir renforcer le portefeuille au cours des prochaines années. En outre, la volonté toujours plus affirmée est de développer des thérapies ciblées, associant médicament et diagnostic, sur le modèle Herceptin®. Dans le pipeline, la plupart des molécules sont d'ailleurs désormais testées avec des biomarqueurs... Côté production, contrairement à certains de ses concurrents, Roche ne souhaite pas céder ses sites, la production étant considérée comme une activité importante à maintenir au sein du groupe. Comme l'a rappelé Severin Schwan, le groupe entend cependant poursuivre ses efforts permanents d'amélioration de son organisation, en investissant notamment sur la production biologique et en se désengageant à l'inverse de la production de produits jugés moins stratégiques. En France, le groupe a récemment annoncé la cession de Cenexi et confirmé que des discussions très avancées étaient en cours avec un acquéreur potentiel. 60 % du chiffre d'affaires du site restera cependant réalisé avec des produits de Roche. Egalement présente, Sophie Kornowski-Bonnet, présidente de la filiale française, en a profité pour rappeler la place stratégique de la France pour Roche. Avec des ventes de plus d'1,3 milliard d'euros en 2007, en hausse de 14 %, la filiale se classe au 5ème rang français. En 2008, une croissance à deux chiffres est à nouveau attendue. La filiale occupe une place privilégiée en matière de recherche, avec quelque 250 études cliniques menées au global, et une recherche constante de partenariats, notamment avec des sociétés savantes.
Valérie Moulle