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Avril 2008

L'OTC chez E.Leclerc : Bachelot tranche

Alors que la riposte s'organise dans les rangs des pharmaciens d'officine contre les velléités de l'enseigne Leclerc à vouloir vendre de l'OTC dans ses parapharmacies, la ministre de la Santé fait connaître son refus.

« Une publicité particulièrement agressive tente de faire accroire qu'on pourrait vendre des médicaments dans les hypermarchés au motif que des pharmaciens y sont employés pour vendre des produits d'hygiène », a déclaré Roselyne Bachelot à l'Assemblée Nationale en réponse à une question d'un parlementaire. Pour la ministre, le monopole défendu par les pharmaciens d'officine ne saurait constituer un privilège, mais plutôt la « contrepartie d'obligations telles que la présence effective d'un pharmacien diplômé après six ans d'études et un doctorat, exerçant une totale responsabilité et étant tenu à une formation professionnelle continue obligatoire ». Pour cette dernière, il ne saurait être question de banaliser l'acte pharmaceutique en autorisant la vente de produit de médication familiale dans les GMS.

Pas sérieux

« Un médicament, prescrit ou non, remboursé ou non, est une substance efficace qui a des indications, des contre-indications et des effets secondaires » a rappelé la ministre de la Santé qui a souligné le rôle de conseil qui accompagne cet acte par les officinaux et l'exceptionnel maillage du territoire par les 23 000 officines « qui garantissent un véritable réseau de santé publique ». L'entrée de la grande distribution ne pourrait avoir que des effets déstructurants sur ce réseau, a encore souligné Roselyne Bachelot qui a rejeté l'assertion du « Mouvement E Leclerc » qui voudrait que son arrivée conduise à une baisse des prix des produits OTC. « Ce n'est pas sérieux ! » a-t-elle encore précisé à ce sujet en rappelant que dans les pays qui ont ouvert le marché de l'OTC aux GMS, comme l'Italie où Leclerc développe cette activité, les prix se sont vite envolés après « une baisse très momentanée ». Roselyne Bachelot, ancienne pharmacienne d'officine ne sera donc pas la ministre de la Santé qui autorisera l'évolution libérale souhaitée par Jacques Attali ou Charles Beigbeder. Pour l'heure selon une pratique très coutumière, la maison Leclerc poursuit sa campagne très active de communication dans les médias grand public, audiovisuels et écrits. Avec pour effet (positifs) de sensibiliser les Français sur les possibilités qui leur seront prochainement offertes d'accéder librement aux produits de prescription médicale facultative. « J'ai privilégié une autre méthode, a conclu la ministre de la santé : la vente de ces médicaments devant le comptoir, de manière contrôlée et observée, pour garantir la santé publique et une distribution sécurisées des médicaments dans notre pays ». Si l'OTC franchira bien le Rubicon du comptoir officinal, elle ne passera cependant pas, pour le proche avenir, la porte de la grande distribution. Affaire à suivre.

Jean-Jacques Cristofari

Les pharmaciens répondent en vidéo :

http://fr.youtube.com/watch?v=euFquL2FfTI

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