E. Leclerc : la FSPF prépare la riposte
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) s'apprête à lancer une campagne nationale d'information en réponse au spot publicitaire des magasins Leclerc. Objectif affiché : mettre un coup d'arrêt aux « intérêts mercantiles ». N'est pas professionnel de santé publique qui veut...
« E. Leclerc demande que ses pharmaciens puissent vendre les médicaments non remboursés à prix Leclerc. » La nouvelle a provoqué une levée de boucliers dans les rangs officinaux. A l'origine de ce tollé, un spot publicitaire - actuellement diffusé sur TF1 et M6 - dans lequel Michel-Edouard Leclerc fait part de son intention de vendre 25 % moins cher (ndlr : par rapport à la moyenne officinale) les médicaments de prescription médicale facultative (PMF). A condition toutefois que le gouvernement daigne ouvrir ce marché... Simple effet d'annonce ? Pas si sûr. La perspective annoncée d'un libre accès concernant quelque 200 spécialités thérapeutiques aiguise l'appétit de ce magnat de la grande distribution. Toujours est-il que les réactions ne se sont pas faites attendre. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, est d'ailleurs monté au créneau allant jusqu'à qualifier cette déclaration de « publicité de mensongère ».
La grogne des officinaux
Soucieux de préserver les piliers de l'exercice officinal, dont le monopole fait inévitablement partie, les pharmaciens montrent les dents. La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et son président, Philippe Gaertner, compte mettre un « coup d'arrêt aux intérêts mercantiles » de distributeurs comme Leclerc. Une formule qui égratigne au passage l'Union européenne et ses multiples injonctions relatives à l'ouverture du capital. Pour défendre au mieux les intérêts de la pharmacie, la FSPF s'apprête effectivement à lancer une campagne nationale d'information. Le message est on ne peut plus clair : seul un professionnel de santé publique est habilité à vendre des médicaments en toute sécurité. Cette campagne - ouverte à toute la profession et financée par les pharmaciens eux-mêmes - sera relayée à grande échelle dans la presse, sur Internet et probablement sur les chaînes de télévision. Selon Philippe Gaertner, le montant de la communication s'élèvera à « un million d'euros » (hors audiovisuel). Pour l'heure, la FSPF se garde le droit de choisir le moment opportun pour riposter. A compter de cette date, il lui faudra six semaines pour mettre en place le dispositif en cours de préparation.
En attendant, les trois syndicats représentatifs des pharmaciens d'officine (FSPF, UNPF, USPO) mettent en avant la signature d'une Charte de bonnes pratiques commerciales pour encadrer ce libre accès. Un document - également signé par le Leem et l'AFIPA - qui est notamment censé garantir une politique de prix facilitant l'accès aux soins pour tous les patients.