Novartis s'offre Alcon
Le groupe bâlois rachète à Nestlé le leader mondial des lentilles de contact, Alcon, pour la somme de 39 milliards de dollars. L'opération signe la relance des méga-fusions dans la branche.
Le calme qui régnait ces derniers mois dans les rangs de la branche pharmaceutique ne pouvait assurément pas durer. Le leader mondial de l'agroalimentaire en décidant de se séparer de la plus rentable de ses activités (35 % de marge opérationnelle en 2007) permet ainsi au Suisse Novartis de faire grimper de quelque 5,6 milliards de dollars son CA - qui passe ainsi à 43,7 milliards de dollars (pro forma 2007) - et de se rapprocher furieusement de GSK (44,35 milliards de dollars) dans le classement du Top 10 mondial de la pharma. La transaction qui se fera en deux temps - 11 milliards en 2008, 28 milliards entre 2010 et 2011 - vise, aux dires du pdg de Novartis, Daniel Vasella, à accentuer la présence du bâlois sur des marchés en forte croissance en lui permettant de diversifier les risques.
Une réponse à la menace générique
Dans les faits, le n°3 mondial renforce une stratégie de diversification des activités au sein de laquelle le médicament princeps représentera à l'avenir quelque 55 % de son CA. Dans la niche de l'ophtalmologie, il deviendra surtout le leader mondial incontesté - après avoir été n°2 - avec 37 % de part de marché, loin devant Bausch & Lomb (12 %) ou encore Allergan (8 %). Ce sur un marché en forte progression, porté par le vieillissement de la population, où l'ophtalmo, qui réalise déjà un CA de 25 milliards de dollars, devrait continuer de croître à quelque 8 % par an d'ici 2012, contre une progression de 5 % pour la pharma. Le portefeuille de Novartis s'enrichit ainsi d'une gamme de produits pharmaceutiques, chirurgicaux et de produits d'entretien pour soins oculaires. L'acquisition constitue également une réponse à la concurrence de génériques sur quatre de ses produits vendus aux Etats-Unis où le CA de sa division pharma a chuté de 8 % l'an passé. Six autres spécialités du Suisse perdront également leur brevet entre 2008 et 2012, soit une menace générique qui portera sur plus de 40 % du CA 2007 du groupe.