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Avril 2008

E. Leclerc : la réponse de l'Ordre

Pour le président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (CNOP), il ne saurait être question de « confondre médicament et marchandise, pharmacien et chef de rayon, pharmacie et magasin ! ».

Pour Jean Parrot, un rayon de supermarché n'est pas une pharmacie ! Qu'on se le dise ! Face à la campagne publicitaire lancée cette semaine par Michel-Edouard Leclerc dans les médias,  l'Ordre national des pharmaciens souligne le « risque sanitaire » que présenterait la vente de médicaments en grande surface.  « Le médicament n'est pas une marchandise banale », rappelle volontiers le CNOP, pour qui les médicaments participent largement aux progrès thérapeutiques, mais peuvent aussi être responsables d'effets indésirables. « Le caractère remboursable ou non d'un médicament n'est pas un indicateur de sa toxicité : le paracétamol surconsommé est toxique très rapidement », poursuit le conseil national. Comme il l'a volontiers souligné à maintes reprises, il ne saurait être question de dissocier la vente de médicaments de celle de produits de médication familiale, les uns comme les autres devant figurer au sein d'un même dossier, le DP électronique, actuellement en cours d'expérimentation, avant d'être largement diffusé dans toutes les officines françaises. L'Ordre ne manque pas à cet égard de souligner que le nécessaire continuum d'information ne saurait être brisé par des GMS vendant des OTC sans repérage électronique des thérapeutiques suivies par le malade. « Il ne suffit pas d'être diplômé en pharmacie pour se dire pharmacien », note encore en réponse à l'affirmation du « Mouvement E. Leclerc » qui avance vouloir employer des « docteurs en pharmacie » dans les futurs espaces dédiés à la vente d'OTC dans ses parapharmacies. « Pour prétendre à ce titre, il faut être inscrit à l'Ordre, être soumis à son éthique (déontologie) et exercer dans un établissement pharmaceutique officiel, contrôlé par les Autorités de santé », ajoute encore le CNOP.

Opération de communication

Ce dernier poursuit sa démonstration en soulignant combien les Français sont attachés au rôle des pharmaciens d'officine. Dans le baromètre Ipsos Santé « les Français et leur pharmacien », publié en janvier 2008, il a été demandé si le fait d'acheter certains médicaments ailleurs que dans les pharmacies (en grande distribution notamment...) ferait peser plus de risques sur la santé des français, par rapport à la situation actuelle où c'est bien le pharmacien qui délivre les médicaments. 76 % des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative à la question, fait savoir l'Ordre. Quant à savoir si les pharmacies sont une meilleure garantie de la lutte contre les faux médicaments (contrefaçons), par rapport à d'autres formes de commerce (Internet ou grande distribution), la réponse est sans appel : 95 % des personnes interrogées ont ici répondu « oui » ! On ne peut être plus clair ! « La campagne de M. Leclerc est avant tout une opération de communication. Elle ne résiste pas aux arguments de santé publique », conclut le CNOM, pour qui l'organisation recommandée « déstabiliserait, à terme, le réseau des pharmacies, et donc la desserte de la population en médicaments ». Un réseau qui compte 23 000 officines et qui traite 23 milliards de boîtes de médicaments par an. Le gouvernement qui songerait à « libéraliser » le réseau aurait tort d'oublier cette donne. 

Jean-Jacques Cristofari

 

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