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Avril 2008

E. Leclerc à l'assaut de l'OTC

Attendu de longue date, Michel-Edouard Leclerc vient de lancer son  offensive et réclame un accès aux produits de médication familiale dans son réseau de parapharmacies. 

E. Leclerc vient donc de lancer son « mouvement » dans la bataille pour obtenir l'autorisation des tutelles de pouvoir vendre de l'OTC dans ses parapharmacies. Objectif : « promouvoir une automédication responsable à la portée de tous les Français ». Au-delà « s'engager encore davantage en faveur de la préservation et de la promotion de la santé à travers une offre adaptée complète et diversifiée ». En attente depuis plusieurs mois de la décision gouvernementale d'autoriser le passage en libre accès, à l'officine, des produits de prescription médicale facultative (PMF), le Mouvement E. Leclerc entend en faire bénéficier son réseau hexagonal de parapharmacies, installé dans les grandes surfaces sous son enseigne et doté de 150 docteurs en pharmacies que des préparateurs en pharmacies devraient rejoindre prochainement. Les médicaments d'automédication y seraient vendus « dans une zone réservée, bien identifiée et distincte de l'espace parapharmacie ».  

Faire baisser les prix

A l'appui de sa démonstration, l'épicier de Landernau, fait valoir « la hausse des prix des médicaments non remboursés - observée depuis la vague des déremboursements de 2006 (augmentation de 36 %) puis confirmée par celle de janvier 2008 pour les veinotoniques (augmentation de 30 % au mois de février 2008) ». Une inflation qui, à ses yeux, contribue à l'érosion du pouvoir d'achat des Français et « à une fragilisation des valeurs de solidarité et d'équité d'un système de santé que nombre de pays nous envient ». Mais le « Mouvement » s'appuie également sur son expérience italienne où l'enseigne, qui a « ouvert le marché », vend depuis 2006 des médicaments d'automédication dans des parapharmacies, au sein d'espaces dédiés, en se targuant d'avoir fait baisser les prix de 20 à 35 %. Pour la France, E. Leclerc prend « l'engagement de faire baisser très significativement - et durablement - les prix des médicaments d'automédication, et d'améliorer par là même les conditions d'accès des Français au marché de la santé ». Avec la création des zones réservées dans ses parapharmacies, E. Leclerc vise l'installation de l'officine française dans la GMS et entend poser l'acte fondateur de la fin du monopole officinal. Face à ce qui ressemble à une provocation (attendue) d'un des leaders de la grande distribution, les réactions de l'Ordre des pharmaciens ne devraient pas tarder à se manifester. Jean-Parrot, par avance, a déjà fait savoir que le futur dossier pharmaceutique (DP), indispensable pour sécuriser le parcours des malades, ne serait pas accessible dans le réseau des GMS. La guerre des tranchées commence, celle des prises de position continue.

Jean-Jacques Cristofari
 
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