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Mars 2008

Guerbet renoue avec la croissance

En 2007, Guerbet a repris du poil de la bête. Forts d'une croissance retrouvée, ses dirigeants gardent les yeux rivés sur la tête du classement européen. Pour atteindre son objectif, le groupe compte tripler ses capacités de production d'ici 2011. Coût de l'opération : 130 millions d'euros.

L'année 2006 n'était finalement qu'un accident de parcours. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 5,6 %, à 306 millions d'euros, Guerbet a repris sa marche en avant. En 2007, le bénéfice net du laboratoire français - spécialisé dans la recherche et la fabrication de produits de contraste destinés à l'imagerie médicale - a atteint 23,8 millions d'euros. Soit un bond de 25,6 % par rapport à l'exercice précédent. Le résultat opérationnel courant augmente quant à lui de 20,7 %, à 36,6 millions d'euros, dégageant ainsi une marge de 12 %. Fait suffisamment important pour être souligné : les grands marchés ont tiré la croissance. Les ventes du groupe ont ainsi cru de 7,5 % en Europe, avec des progressions intéressantes en Allemagne (+ 21 %), en Italie (+ 11 %) et en France (+ 6 %). De quoi susciter l'enthousiasme de ses dirigeants : « Les résultats sont bons et tous les voyants sont au vert, se félicite Philippe Decazes, président du directoire. Exception faite de l'épisode du Sinerem® (1), 2007 restera une année référence. Elle devrait nous servir à préparer l'avenir. » A noter cependant que « les Etats-Unis (- 12 %) ou encore le Japon (- 3 %) n'ont pas connu la même réussite en raison d'effets de change défavorables », argumente-t-il. Ce qui n'est toutefois pas le cas du Brésil qui s'annonce plus que jamais comme un marché « prometteur » pour le groupe (+ 9 %).

Dotarem® booste la croissance

Dans le détail, le succès commercial du Dotarem® n'est pas étranger au renouveau économique de Guerbet. Pour preuve, le chiffre d'affaires de ce produit - utilisé en IRM dans une soixantaine de pays - a enregistré une croissance de 31 % en 2007. Mieux, il gagne six points de parts de marché dans la région Europe. Compte tenu des bons résultats obtenus sur la scène continentale, les dirigeants du groupe ont choisi de « réévaluer le potentiel de Dotarem® aux Etats-Unis ». Des études de phase III vont donc être lancées en 2008. Et ce, dans plusieurs indications. Objectif annoncé : obtenir un enregistrement auprès de la FDA en 2011 (ndlr : au plus tôt). De son côté, Xenetix®, l'autre produit phare du groupe, a vu ses ventes chuter de 2,7 % l'an passé. Motifs avancés pour expliquer cette décrue : une limitation des capacités de production et des effets de change défavorables. D'après Philippe Decazes, ce produit de contraste radiologique devrait néanmoins redevenir un moteur de croissance dès 2008. Le succès attendu de sa forme « poche » y étant pour beaucoup dans cette prévision.

Des perspectives d'avenir

Fort d'une efficacité retrouvée sur le marché, Guerbet fait preuve d'ambition. En matière de R&D, de nombreux projets sont en cours de développement dans des pathologies lourdes (cardiovasculaires, cancéreuses, inflammatoires et dégénératives) tant pour un diagnostic plus précoce et spécifique que pour améliorer le suivi et l'efficacité thérapeutique. Via l'exploitation des premières installations de son plan d'investissement industriel, le laboratoire français entend tripler ses capacités de production d'ici à 2011. Pas moins de 130 millions d'euros y seront consacrés. Selon ses dirigeants, le Plan stratégique « Cap 2016 » doit amener Guerbet à prendre la tête du marché européen et à devenir un acteur majeur dans le reste du monde sur le segment des produits de contraste pour l'imagerie médicale. Dans cette optique, le groupe s'appuiera sur trois leviers : l'innovation, la prise de parts de marché et l'amélioration de la compétitivité. Quatrième sur la grille de départ, Guerbet devra donc refaire son handicap pour atteindre les sommets. Mais la confiance est là...

Jonathan Icart

(1) Le 12 décembre 2007, Guerbet a décidé de retirer le dossier de demande d'AMM de Sinerem® avant le vote définitif de l'EMEA. En dépit d'un bénéfice potentiel reconnu et d'un profil de tolérance qui n'a pas été remis en cause, l'agence européenne du médicament a jugé insuffisante la démonstration statistique portant sur l'efficacité du produit, lors d'une audition, le 11 décembre dernier (ndlr : vote d'orientation négatif). Conséquence : pas de lancement en 2008. Pour rappel, cet agent de contraste pour l'imagerie médicale par IRM devrait être indiqué dans la détection et la caractérisation des ganglions métastatiques chez les patients atteints d'un cancer du pelvis (prostate, vessie, utérus).

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