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Novembre 2007

Les biotechs européennes en appui de Sanofi Pasteur

Sanofi-Aventis a confirmé en septembre dernier, lors de sa journée de R&D, sa volonté de conserver sa prééminence dans le domaine des vaccins et affirmé son engagement pour lutter contre les maladies du Nord comme pour combattre celles du Sud. Désormais, c'est sur ces deux fronts à la fois que le groupe pharmaceutique enregistre des avancées notables. Le crédit est à porter largement aux sociétés de biotechnologie européennes dont le groupe est partenaire.

Coup double sur les maladies du Nord et du Sud pour Sanofi Pasteur : tandis qu'un vaccin contre la grippe saisonnière avance en phase II, un vaccin contre la dengue démontre sa capacité à induire une réponse immunitaire chez l'homme. Des avancées qui doivent beaucoup aux sociétés biotechs européennes Crucell et Acambis, partenaires de longue date d'Aventis. Le groupe français vient d'ailleurs de prouver sa confiance envers cette dernière en concluant un nouvel accord sur un vaccin contre le virus du Nil occidental.

Un vaccin contre quatre types viraux

Les résultats obtenus lors d'une étude clinique de phase II conduite aux Etats-Unis avec le vaccin contre la dengue développé par Sanofi Pasteur ont été présentés la semaine dernière lors de la réunion annuelle de la Société américaine de médecine tropicale et d'hygiène. Ce vaccin tétravalent repose sur la technologie ChimeriVax® développée par le britannique Acambis, qui a en cédé les droits mondiaux à Aventis. Sanofi Pasteur a l'entière responsabilité de la poursuite du développement du vaccin depuis 2005. Comme cela a été évoqué lors de la journée de R&D de Sanofi-Aventis en septembre dernier, 100 % des adultes ayant reçu le vaccin ont montré une réponse anticorps contre les quatre sérotypes du virus responsable de la dengue. Suite à ces bons résultats, Sanofi Pasteur a décidé d'étendre les études cliniques à l'Asie et à l'Amérique Latine. Deux autres essais de phase II sont déjà conduits, chez des adultes mais aussi des enfants et des adolescents, au Mexique et aux Philippines. Selon un porte-parole de Sanofi Pasteur, la première demande d'homologation pour ce vaccin pourrait être déposée en 2012.
Déjà en début d'année, Sanofi-Pasteur a enrichi son portefeuille d'un deuxième vaccin d'Acambis, en acquérant les droits de commercialisation et de distribution en Europe et dans la zone Asie-Pacifique de ChimeriVax®-JE, contre l'encéphalite japonaise (voir BioPharmaceutiques n°11) ; ce vaccin dont le schéma d'administration de ce vaccin ne nécessite qu'une dose fait l'objet d'études de phase III et pourrait accéder au marché à partir de 2009. Le groupe français vient de compléter le tiercé en concluant un accord exclusif de collaboration avec Acambis, au niveau mondial, pour son troisième vaccin fondé sur la technologie ChimeriVax®, qui vise cette fois le virus du Nil occidental. La société britannique doit recevoir 10 millions de dollars en paiement initial et pourra recevoir jusqu'à 70 millions de dollars en fonction des objectifs atteints avant et après la commercialisation. Elle devra en outre poursuivre elle-même le développement du produit jusqu'au dépôt de la demande d'enregistrement aux Etats-Unis, pays où la fièvre du Nil occidental causée par ce virus est désormais considérée comme endémique. Des études de phase II sont en cours chez l'adulte, y compris des sujets âgés. Aucun vaccin contre ce virus n'a encore atteint le marché.

Trois européens pour un vaccin

Autre avancée du pipeline vaccinal de Sanofi Pasteur, un nouveau vaccin contre la grippe saisonnière est entré en phase II aux Etats-Unis, dans le cadre d'un contrat signé en 2005 avec le Département de la santé américain. L'originalité de ce vaccin réside dans son mode de production, qui fait appel aux lignées cellulaires PER.C6® mises au point par Crucell. La société néerlandaise a accordé une licence sur cette technologie à Aventis en 2003. Quant à la production du vaccin, elle est assurée par Lonza Biologics plc (filiale britannique du groupe suisse Lonza) dans le cadre d'un accord de sous-traitance. Selon la firme française, cette technologie de culture cellulaire (qui a déjà séduit un grand nombre d'acteurs du vaccin à travers le monde) pourrait représenter une alternative intéressante à l'utilisation d'oeufs de poule pour la production de vaccins antigrippaux.

Julie Wierzbicki
BioPharmaceutiques
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