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Novembre 2007

Leem Recherche : le retour du CSIS est annoncé

Lors de l'assemblée générale du Leem Recherche, le conseiller de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le Pr. Pierre-Louis Fagnez, a officialisé une nouvelle de taille : le Conseil stratégique des industries de santé sera prochainement réactivé. Le président du Leem - nouvellement élu au Leem Recherche - a apprécié.

La rumeur couvait depuis un certain temps. Elle est désormais devenue réalité. Plus qu'un effet d'annonce, la volonté gouvernementale de réunir prochainement - sans doute au début de l'année 2008 - le Comité stratégique des industries de santé (CSIS) a ravi Christian Lajoux, le président du Leem Recherche. Cette réunion au plus haut niveau de l'Etat, qui regroupe les dirigeants des industries de santé et les responsables politiques du pays, était attendue depuis le 5 février dernier, date de la précédente rencontre du Conseil. Ce fut, en substance, un des temps forts de la 3ème assemblée générale du Leem Recherche qui s'est tenue ce mardi au collège de France.   

Un appel à la mobilisation générale

Autre fait marquant de la matinée, Christian Lajoux a réitéré son appel à « une mobilisation générale et transversale pour mettre en œuvre un Plan innovation 2015*, ambitieux et structurant, impulsé au plus haut niveau ». Et de mettre en garde les principaux acteurs du public comme du privé, les pôles de compétitivité, les centres de recherches cliniques, les sociétés de biotechnologies, les PME et l'ensemble des industriels des sciences du vivant et de la chaîne du médicament : « A l'heure où nous assistons à l'émergence d'une nouvelle médecine enrichie par les biotechnologies, la génomique, les nanotechnologies ou encore les thérapies cellulaires, la France ne peut et ne doit pas rester à l'écart de la révolution thérapeutique qui se prépare à l'horizon 2015. »

Pour illustrer son propos, le président du Leem, a pris pour exemple les biotechnologies. En dépit de la hausse des investissements dans ce secteur - 622 millions d'euros en 2007, contre 167 millions un an auparavant -, la France est en retard ! En témoigne le nombre de sociétés de biotech implantées sur le sol français... par rapport à nos voisins européens : 177 en France, contre 274 en Grande-Bretagne ou encore 355 en Allemagne. Une occasion supplémentaire pour Christian Lajoux de rappeler que « le pays qui n'investirait pas dans les sciences du vivant et les biotechnologies commettrait une réelle erreur stratégique, dont il paierait très cher les conséquences à long terme ».

Un plaidoyer pour l'innovation

Devant un parterre très attentif, Christian Lajoux est revenu sur son traditionnel plaidoyer en faveur de l'innovation : « Sans jouer les futurologues, les axes de recherche seront fonction du vieillissement de la population et de la montée pathologies liées à l'âge d'ici à 2015. En France, on estime à 1,2 million le nombre de personnes qui seront touchées par l'Alzheimer en 2010. Or, une seule société de biotechnologie sur les 80 engagées au niveau international est de nationalité française. Ces chiffres - plutôt inquiétants - vont de pair avec le récent constat du Leem Recherche : seulement une molécule sur cinq dans la maladie d'Alzheimer est réellement développée sur le territoire hexagonal. »

Fort de ce constat, comment relancer l'innovation en France ?  « Il nous faut pour cela construire autour de ce qui existe déjà, valoriser nos atouts à l'image de la recherche translationnelle dans le domaine du cancer, améliorer nos positions sur des voies de recherche stratégiques à l'instar de la recherche épidémiologique, avance Christian Lajoux. Il nous faut impérativement travailler ensemble pour construire les bases d'une vraie coopération entre les différents acteurs des sciences du vivant. » Autre possibilité évoquée par le président du Leem Recherche : « S'inspirer de la Grande-Bretagne qui est parvenue à attirer et à maintenir les centres de recherche des groupes internationaux non britanniques ». Et de conclure : « Seule l'installation d'activités de recherche, de bioproduction et de développement permettront de maintenir et de valoriser le tissu français, facteur essentiel de la croissance de l'économie française. »

En d'autres termes, il nous faudra corriger rapidement ce qui nous fait défaut depuis une décennie : faire de la France une terre attractive pour les investissements de R&D des grands groupes internationaux.

Jonathan Icart

 

* L'ouvrage « Innovation Santé 2015 » propose les grandes lignes du plan que le Leem Recherche souhaite voir mis en œuvre. Selon Christian Lajoux, « il ne s'agit que d'une contribution au projet, d'une partie des actions qu'il faut mener pour relancer l'innovation sur notre territoire ».

 

 

 

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