Actualité publiée sur le site
Octobre 2007

Assurance-maladie : Van Roekeghem veut économiser 1,5 milliard d'euros sur le médicament

Frédéric Van Roekeghem, directeur de l'UNCAM, plaide pour un changement radical des habitudes de consommation en France.

Dans son point d'information d'octobre, le directeur général de l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie (UNCAM) a présenté les résultats d'une étude comparative sur la consommation de médicaments en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie. Sur neuf grandes classes (1), représentant 33 % de la consommation globale en France et près de 40 % des dépenses totales de médicaments, soit huit milliards d'euros, l'analyse des données souligne deux éléments : la France est en tête de la consommation sur six classes et dépense le plus sur cinq classes. Au bout du compte, avec un montant de 130 euros par tête (32 euros de plus que l'Italie qui arrive en 2ème position), c'est le pays qui dépense le plus...

Changer le « mix produit »

Le cas de l'hypertension artérielle a été plus largement développé. En dépit d'une consommation moins élevée qu'en Allemagne (110 comprimés par an par habitant contre 144), le coût en France est 30 % plus élevé. En cause, la large utilisation des sartans, une classe plus récente et plus coûteuse. Pour Frédéric Van Roekeghem, cette catégorie de médicaments devrait être réservée aux seuls patients n'ayant pas répondu efficacement à des traitements meilleur marché... Il faut donc changer le « mix produits ».

S'inspirer des modèles étrangers

Le directeur général de l'UNCAM a dès lors mis en avant les différences majeures entre la France et ses quatre voisins, tous caractérisés pourtant par des résultats sanitaires comparables : la place occupée progressivement par les autorités de régulation, particulièrement en Angleterre et en Allemagne, est beaucoup plus importante qu'en France. Leurs recommandations sont très médicoéconomiques et les contraintes imposées aux prescripteurs, notamment en termes de hiérarchisation des médicaments à prescrire en initiation de traitement, sont très fortes. D'une manière générale, ces pays sont également caractérisés par une culture de la prescription la plus économe, beaucoup plus répandue qu'en France.

Par conséquent, et sans renier pour autant les gains indéniables de santé publique permis par les médicaments et l'importance de l'innovation, la France doit, explique le patron de l'UNCAM, davantage s'inspirer des modèles mis en place par l'Allemagne et l'Angleterre et optimiser ses ressources afin de réaliser les économies indispensables au retour à l'équilibre de l'assurance maladie.

Valérie Moulle

 

(1) Antidiabétiques oraux, anti-hypertenseurs, antibiotiques oraux, anti-asthmatiques, hypocholestérolémiants, antidépresseurs, tranquillisants, IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) et antalgiques non narcotiques.

Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site