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Juin 2007

L'EGA en congrès annuel : Les génériqueurs jugent l'environnement moins hostile

« Nos relations avec l'industrie pharmaceutique d'origine sont tendues », a reconnu M. Greg Perry, directeur général de l'European Generic medicines Association (EGA), lors du 13è congrès annuel de l'organisation professionnelle des fabricants européens de médicaments génériques qui s'est tenu à Istanbul les 14 et 15 juin derniers. Et de lister un certain nombre de points de désaccord : information aux patients, médicaments biosimilaires, lutte contre la contrefaçon, standards "TRIPS plus" (Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights - soit les aspects commerciaux liés à la propriété intellectuelle)... « Mais nous sommes aussi capables de travailler ensemble sur des questions plus techniques et moins politiques...», ajoute Greg Perry.

Cette 13è édition du congrès de l'EGA a été l'occasion pour son directeur général de se féliciter d'un environnement de moins en moins "hostile" à l'industrie des génériques. Une évolution notamment sensible au sein de la Commission européenne, a expliqué M. Perry, qui est aujourd'hui globalement plus favorable à la cause des génériqueurs qu'il y a une dizaine d'années. Ressenti surtout au niveau technique de la Commission, cet appui continue toutefois à faire défaut au plus haut niveau politique, le directeur général de l'EGA regrettant que le Commissaire Günter Verheugen (Entreprises et Industrie) n'ait pas soutenu autant l'industrie des génériques que certaines de ses positions initiales - en particulier sur les biosimilaires - avaient laissé présager.

Avec un marché des génériques qui plafonne à 17% en unités et 9% en valeur, la France dispose d'une bonne marge de croissance, mais l'incertitude demeure sur les mesures qui seront prises en faveur du générique dans le cadre du plan de redressement de l'assurance-maladie. L'obligation de pratiquer une réduction de 50% du prix par rapport au produit d'origine est toujours perçue par l'EGA comme grevant la rentabilité des fabricants de génériques. Certains reconnaissent qu'il vaut toujours mieux un marché à prix administrés qu'un marché à prix libres, comme le Royaume-Uni, où l'on trouve une boîte de 28 comprimés de simvastatine (anticholestérol) pour 31 pence. "Comment les entreprises européennes peuvent-elles être compétitives dans ces conditions ?", a demandé un participant au panel d'industriels réunis par l'EGA, avec notamment les patrons de Gedeon Richter, Merck Generics, Zentiva, Sandoz et l'invité indien Ranbaxy.

La clé de la survie est dans la différenciation des produits et les stratégies de marque, estiment-ils. La pression sur les prix est réelle et une politique de réduction des coûts ne peut suffire. Une stratégie de marque appuyée entraîne la création d'une force de vente et des dépenses marketing, observe Hank Klakura, pdg de Merck Generics, mais la différence se fait réellement sur la qualité, le service et la fiabilité. Génériques de marques et sans marques vont continuer à cohabiter. C'est une question de prix et de compétitivité sur différents marchés, et aussi un choix plus important pour le patient..., souligne Erik Bogsch, pdg de Gedeon Richter.

Jocelyn Morisson

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