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Juin 2007

Toujours fidèle à lui-même, le bâlois cultive son modèle

Chez Roche, les trimestres, les années se suivent... et se ressemblent pour le plus grand bonheur des actionnaires du groupe suisse comme pour celui des patients. A l'occasion de son rendez-vous annuel maintenant traditionnel avec Paris, le président de Roche, Franz Humer, a ainsi rappelé des résultats dont la croissance s'avère, une nouvelle fois, très au dessus de celle du marché pharmaceutique mondial. Les résultats du premier trimestre 2007 continuent ainsi sur le même registre que celui de l'année précédente, à savoir une progression des ventes à deux chiffres. Ceux-ci s'élèvent ainsi à 9,14 milliards de francs suisses (5,52 milliards d'euros), en hausse de 20 % en monnaies locales.

Une stratégie qui a fait ses preuves

Avec un groupe positionné au 5ème rang mondial de la pharma et au 1er rang de la biotech, la stratégie de Roche, focalisée sur des niches thérapeutiques à forte valeur ajoutée, a d'ores et déjà largement démontré sa validité et ses aptitudes, tant en termes d'innovations thérapeutiques que de croissance et de valorisation financière. Une stratégie qui ne devrait pas bouger d'un iota, puisque Franz Humer a réaffirmé l'engagement de Roche dans cette orientation, écartant à nouveau toute méga-fusion pour privilégier des acquisitions ciblées lui permettant de renforcer ses plateformes technologiques et ses capacités d'innovation, à l'instar des récents rachats de Bioveris (immunochimie) et de Therapeutic Human Polyclonals (anticorps humains) en avril ou de 454 Life Sciences (séquençage ultra-rapide) en mars. Et les résultats sont là. 25 études de phase III sont actuellement en cours en oncologie et, dans cette aire thérapeutique, le groupe prévoit de déposer jusqu'à vingt dossiers de demandes d'AMM dans les cinq ans à venir. Dans le domaine de la polyarthrite rhumatoïde, le suisse mise également sur les apports de Mabthera®, déjà autorisé dans l'UE et aux Etats-Unis, et d'Actemra®, anticorps monoclonal humanisé issu de la recherche Chugai. Concernant ce dernier, Franz Humer insiste sur la convergence des résultats obtenus avec les trois études de phase III en cours, au Japon, en Europe et aux Etats-Unis, qui, toutes trois confirment l'intérêt d'une molécule promise pour une arrivée sur le marché courant 2009.

D'abord la recherche

Du côté de la France qui se situe au deuxième rang des filiales étrangères de Roche, toute juste derrière les Etats-Unis et à égalité avec l'Allemagne, les résultats s'inscrivent dans la droite lignée de ceux de la maison mère. Ceux-ci sont établis à 1,1 milliard d'euros en 2006, en croissance de 22,3 %. Au niveau de l'hôpital, marché sur lequel le groupe est numéro un, la croissance est même de 29 %. La filiale, qui est maintenant présidée depuis trois mois par Sophie Kornowski-Bonnet qui a succédé à Henry-Vincent Charbonné, dorénavant en charge de la direction mondiale du marketing stratégique pharma de Roche, à Bâle, occupe ainsi une place à part dans la recherche clinique du groupe suisse. Franz Humer juge ainsi le site France « compétitif pour la recherche clinique », tandis que Sophie Kornowski-Bonnet précise que « 22% du budget de la filiale française est investi en recherche clinique ». Outre l'Institut de pharmacologie clinique à Strasbourg qui réalise les essais de phase I chez le sujet sain pour le groupe, ce sont ainsi plus de 200 études totalisant plus de 30 000 patients qui sont menées par Roche France. Du côté de la R&D, le groupe compte bien se maintenir à la pointe des technologies et de l'innovation thérapeutique. Le récent accord signé avec la société de biotechnologie française Transgene est ainsi une alliance jugée « très intéressante » pour Franz Humer, dont le groupe estime que le vaccin thérapeutique est une de ces technologies de rupture, aptes à générer les médicaments de demain. Transgene disposant d'un produit très avancé dans ce domaine - le TG 4001 prêt à entrer en phase III aux Etats-Unis et en Europe pour le traitement des dysplasies cervicales de haut grade - , Franz Humer voit là « une opportunité stratégique pour se positionner » sur ce secteur prometteur. Concernant la réorganisation de la R&D annoncée par le groupe en février dernier, celle-ci sera opérationnelle à compter du 1er juillet prochain. Les équipes dirigeantes, composées de quatre leaders en charge respectivement de la recherche, de la recherche clinique, du développement et du marketing ont été nommées et l'organisation se met en place avec une recherche dorénavant structurée autour de cinq aires thérapeutiques. Chacune de ces équipes sera dotée de son budget propre et sera jugée sur la base des résultats ainsi obtenus. Ici, les évaluations seront faites sur la vitesse et la qualité des développements obtenus (nombre de médicaments en phase I, II et III, vitesse de progression d'une phase à une autre...). Alors que cette nouvelle organisation vise à rendre les procédures de décision plus souples et plus rapides, Franz Humer motive ce choix par deux raisons essentielles. Tout d'abord, explique-t-il, « une telle réorganisation devenait nécessaire étant donné la très forte augmentation du nombre de projets de R&D que le groupe a aujourd'hui à gérer ». Et mieux vaut le faire maintenant alors que Roche est en position de force...

Anne-Lise Berthier
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