Acomplia®, un nouvel espoir pour les diabétiques de type 2 obèses
L'innovation thérapeutique que représente Acomplia® « n'est pas la pilule miracle anti-obésité de Sanofi-Aventis », souligne Jacques Cessot, Directeur des opérations pharmaceutiques Sanofi-Aventis France. Premier composé d'une nouvelle classe thérapeutique, sa double action, perte de poids et de centimètres de tour de taille alliée à un effet métabolique spécifique, lui confère une nouvelle place dans le traitement de l'obésité et de ses conséquences, diabète de type 2 en particulier.
Pas une « pilule miracle »
Sanofi-Aventis a annoncé le 29 mars la mise à disposition des professionnels de santé d'Acomplia® 20 mg (rimonabant), une prise en charge innovante des obèses diabétiques de type 2.
« Nous sommes un peu agacés quand on nous parle de pilule miracle » a tenu à souligner Christian Lajoux, PDG Sanofi-Aventis France, en introduisant la conférence de presse organisée par le laboratoire pour le lancement du médicament ; ce terme a en effet un côté réducteur « qui ne nous plaît pas, surtout quand on l'associe à un souci d'apparence physique ou à la seule obésité », a t'il expliqué. Le ton était donné. Acomplia®, qui signe la capacité d'innovation de Sanofi-Aventis, est un médicament qui répond à de vraies exigences de santé publique, permettant la prise en charge des patients diabétiques de type 2 et obèses avec une nouvelle démarche thérapeutique. Sanofi-Aventis ne veut pas de dérapage sur une publicité non souhaitée.
Acomplia® est le premier représentant d'une nouvelle classe thérapeutique : les antagonistes sélectifs des récepteurs cannabinoïdes CB1. En bloquant ces récepteurs, le rimonabant, en association au régime et à l'exercice physique, a une double action : il régule la prise alimentaire et améliore le métabolisme glucido-lipidique. Le médicament a obtenu son AMM européenne en juin 2006, pour le traitement des patients obèses (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m2) ou en surpoids (IMC > 27 kg/m2) avec facteurs de risques associés, tels que diabète de type 2 ou dyslipidémie, en association au régime et à l'exercice physique. Uniquement délivré sur prescription médicale, avec une posologie recommandée de un comprimé à 20 mg par jour, Acomplia® a le statut de médicament d'exception. Son remboursement, au taux de 35%, « est réservé aux patients obèses avec un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 kg/m2 et diabétiques de type 2, insuffisamment contrôlés par une monothérapie par metformine ou par sulfamide et dont l'HbA1c est comprise entre 6,5 % et 10 % ». Aucune alternative médicamenteuse n'est inscrite au remboursement.
Place d'Acomplia® dans le traitement du diabète de type 2 chez les obèses
L'obésité viscérale constitue le lien principal entre obésité et diabète. Le traitement du diabète de type 2 est très difficile, 33% seulement des patients atteignent la cible de concentration en HbA1c. De plus la plupart des antidiabétiques conduisent à une augmentation du poids. Quant au « couple toxique obésité + diabète », « on ne sait pas le traiter », a précisé le Professeur de diabétologie Jacques Bringer (CHU de Montpellier). Pour le diabétique de type 2, Acomplia® présente l'avantage de normaliser la glycémie (diminution de l'hémoglobine glyquée HbA1C) ainsi que de faire perdre quelques kilos et plusieurs centimètres de tour de taille.
L‘effet d'Acomplia® est de contrer les effets de la sur-activation de CB1, a expliqué le Dr Pier Vincenzo Plazza (Inserm, Bordeaux), sur-activation retrouvée chez les sujets obèses, qui conduit à un stockage excessif de lipides dans le tissu adipeux ainsi qu'à une dérégulation métabolique caractérisée en particulier par une dyslipidémie et une insulinorésistance. Le programme RIO (Rimonabant In Obesity), composé de quatre études importantes, a permis de démontrer l'efficacité du rimonabant chez les patients obèses et en surpoids : perte de poids (- 6,5 kg à un an contre 1,6 kg pour le placebo) accompagnée d'une réduction du tour du taille (de - 6,1 cm à - 7,1 cm versus - 2,4 à - 2,5 avec le placebo), et effets métaboliques : notamment diminution des triglycérides et augmentation du HDL-cholestérol (+ 16,4% versus 8,9 %). A 45% cette augmentation est indépendante de la perte de poids, signant un effet métabolique spécifique. L'étude RIO-Diabetes montre que chez le diabétique de type 2 en surpoids ou obèse, insuffisamment contrôlé par metformine ou sulfamide hypolipémiant, le rimonabant améliore significativement le poids et la glycémie et d'autres facteurs de risque cardiométabolique. La réduction pondérale obtenue a été du même ordre (- 5,3 kg à un an contre - 1,4 kg pour le placebo). Le tour de taille des patients sous rimonabant a par ailleurs diminué de 5,2 cm contre 1,9 cm dans le groupe placebo. Le taux d'HbA1C a été réduit de 0,6% contre une hausse de 0,1% sous placebo, pour des valeurs de départ respectives de 7,3% et 7,2%. Chez les patients dont le taux d'HbA1c était plus élevé (>8 %), le rimonabant a permis d'obtenir une baisse de 1,1%, par rapport à 0,3% dans le groupe placebo. Le HDL-cholestérol était augmenté de 15,4% (contre 7,1%) et les triglycérides diminués de 9,1% (contre une augmentation de 7,3%). L'étude révèle aussi notamment qu'environ la moitié de l'effet du rimonabant sur les taux d'HbA1c et de HDL-cholestérol était indépendante de la seule perte de poids, attestant son effet métabolique spécifique.
Sécurité d'emploi et tolérance
Les arrêts prématurés du traitement en raison d'évènements indésirables sont plus fréquents avec le rimonabant qu'avec un placebo. Dans les études réalisées, le taux d'abandon attribuable aux effets secondaires a été de 15,7% chez les patients sous rimonabant. Les évènements indésirables les plus fréquents à l'origine de l'abandon du traitement ont été les suivants : nausées, altération de l'humeur avec troubles dépressifs, anxiété et vertiges. Parmi les conditions de sa prescription, le rimonabant ne doit pas être utilisé chez les patients présentant une maladie psychiatrique grave et non contrôlée, chez ceux traités par antidépresseurs, ou en cas d'antécédents de dépression caractérisée. Les informations sur la sécurité d'emploi et la fiche de synthèse du plan de gestion de risque de la spécialité ont été mis en ligne le 29 mars par l'Afssaps (respectivement http://afssaps.sante.fr/htm/10/filcoprs/070305.htm et http://afssaps.sante.fr/htm/10/pgr/fiche_pgr_acomplia.pdf ).
Le rimonabant ne manque pas de perspectives d'avenir. En ce qui concerne ses indications, Sanofi-Aventis est en attente des résultats des prochaines études sur les complications cardiovasculaires. Et sur le plan du marché, Acomplia® attend toujours le feu vert de la FDA aux USA. La décision de l'agence devrait intervenir d'ici fin juillet.