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Mars 2007

Avonex® souffle ses dix bougies

Une double efficacité sur le handicap et la prise en charge de la maladie dès la première poussée, associée à un mode d'administration facilitant l'observance, ont fait d'Avonex® le traitement de référence de la sclérose en plaques en France. Mais pas question pour Biogen Idec de se reposer sur ses lauriers : Tysabri® se prépare à entrer sur le marché de la SEP et cinq autres molécules sont en développement.

Avonex® fête cette année son 10e anniversaire. L'occasion pour Biogen Idec France de dresser hier un bilan d'étape depuis la commercialisation en 1997 de son interféron bêta-1a, véritable pionnier devenu aujourd'hui le traitement de fond de la sclérose en plaques (SEP) rémittente le plus prescrit en France[1]. Le succès d'Avonex® repose sur trois innovations : son efficacité sur le handicap engendré par la maladie, la possibilité de traiter la SEP dès la première poussée et des conditions d'administration optimisant l'observance des patients.

Avonex® est en effet le premier et seul traitement de fond ayant pris comme critère principal de son étude pivot l'évaluation du handicap et à avoir démontré son efficacité sur ce critère au travers d'une étude randomisée en double aveugle. L'étude du Multiple sclerosis collaborative research group (MSCRG), publiée en 1996 dans les Annals of neurology[2], montre après deux ans une réduction de 37 % du risque de progression du handicap chez les patients traités par Avonex® vs placebo. Plus récemment[3], l'évaluation du niveau de handicap des patients de l'étude pivot d'Avonex® après huit ans de suivi en ouvert révèle que 71 % des patients traités initialement par Avonex® n'ont pas atteint le score EDSS >/= 6 tant redouté vs 58 % dans le groupe placebo. Rappelons qu'un score EDSS de 6 caractérise un patient ne pouvant pas marcher plus de 100 m avec une canne par exemple.

Avonex® est également le premier traitement de fond ayant démontré l'intérêt de traiter certains patients dès la première poussée. Deux études[4] mettent en évidence une réduction de 66 % du risque de développer une SEP cliniquement définie dans la population de patients à haut risque. Ces résultats permettent à Avonex® d'obtenir une extension de son AMM en 2001, avec une nouvelle indication à un stade plus précoce de la maladie chez les patients ayant présenté un seul événement démyélinisant et à haut risque d'évolution vers une SEP cliniquement définie. Un bénéfice d'autant plus important que les délais de diagnostic sont désormais de plus en plus courts.

Enfin, Avonex® est, parmi les différents traitements de fond de la SEP, le seul administré par voie intramusculaire en une seule prise hebdomadaire. Biogen Idec France a encore amélioré ses conditions d'administration en proposant en 2004 une seringue pré-remplie prête à l'emploi et une formulation sans albumine humaine, puis l'année suivante un dispositif d'aide à l'injection (AvoclipTM) et en lançant cette année le programme de formation à l'auto-injection au domicile du patient Facil'AVO®.

2007 ne représente pas seulement pour Biogen Idec France l'aboutissement d'une décennie d'évolution thérapeutique. Cette année marquera également pour le laboratoire la commercialisation d'une nouvelle alternative à son interféron bêta-1a, en cas d'échec thérapeutique : Tysabri® (natalizumab). L'arrivée sur le marché du premier anticorps monoclonal indiqué dans le traitement de la SEP, annoncée dans les prochains jours, n'arrêtera pas le laboratoire dans sa course à l'innovation. Pas seulement dans son domaine d'expertise qu'est la SEP : le Dr Frédérique Corallo, Biogen Idec France, indiquait hier une « volonté de s'ouvrir à d'autres domaines, avec une extension de la présence géographique de Biogen Idec dans le monde ». Déjà implanté dans 25 pays - dont, récemment, la République Tchèque, la Slovénie, l'Inde et la Chine - et présent dans 70 autres de par ses sociétés distributrices, Biogen Idec emploie aujourd'hui un total de 3 700 personnes. Il compte 19 molécules à son actif dont 8 actuellement en phase II et 3 en phase III. Dans la sclérose en plaques, outre six médicaments ayant reçu l'AMM, cinq molécules nouvelles sont en développement. Parmi elles, le BG12, un composé oral, entamera ses études de phase III d'ici à la fin de l'année en France. Deux autres molécules sont en phase II et les deux dernières en pré-clinique.

L'enjeu se révèle d'autant plus important que la fréquence de cette maladie neurologique augmente particulièrement chez les femmes de plus de 40 ans, souligne le Dr Olivier Heinzlef, service de neurologie, centre hospitalier de Poissy Saint-Germain. La SEP touche déjà environ 70 000 à 90 000 personnes en France. Première cause de handicap non accidentel chez l'adulte jeune, elle apparaît en moyenne autour de 32 ans. A l'aube de la vie familiale et professionnelle.

Anne-Laure Mercier


[1] GERS-MAT Décembre 2006

[2] Jacobs L.D. et al. Intramuscular interferon beta-1a for disease progression in relapsing multiple sclerosis. Annals of Neurology 1996 ; 39(3) : 285-294

[3] Rudick R.A. et al. Estimating long-term effects of disease-modifying drug therapy in multiple sclerosis patients. Multiple sclerosis 2005 ; 11(6) : 626-34

[4] Jacobs L.D. et al. Intramuscular interferon beta-1a therapy initiated during a first demyelinating event in multiple sclerosis. New England journal of medicine 2000 ; 343(13) : 898-904

O'Connor et al. The effects of intramuscular interferon beta-1a in patients at high risk for development of multiple sclerosis : a post-hoc analysis of data from CHAMPS. Clinical therapeutics 2003 ; 25(11) : 2865-2874

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