Médecins-Sécu : le clash

Il fallait s'y attendre... La réunion entre les syndicats médicaux et l'Uncam a tourné court mercredi soir. La CSMF, le plus important des syndicats de praticiens, a en effet claqué la porte des négociations sur les honoraires, en demandant au ministre de la Santé Xavier Bertrand d'intervenir pour débloquer la revendication sur le C=CS (c'est-à-dire l'augmentation de la consultation généraliste de 21 à 23 euros). Menaçant de revoir son engagement dans la convention médicale, le patron de la Confédération Michel Chassang doit en effet contenir la fronde des autres syndicats non conventionnels qui appellent les généralistes à coter C=CS sans même attendre l'issue de la négociation.
Pressés, les médecins veulent en effet arracher cette augmentation avant l'élection présidentielle, peu convaincus qu'ils sont de gagner dans l'hypothèse tout à fait crédible d'un changement de ministre. Mais pour sa part, le patron de l'Uncam, Frédéric van Roekeghem, les yeux rivés sur le compteur des dépenses, estime que le rythme de l'augmentation des honoraires -justifié par la requalification de la médecine générale- « doit être compatible avec le redressement de l'assurance maladie ». En clair, le redressement des comptes de la Sécu est-il soluble dans les promesses électorales ? La réponse est oui, car les engagements sont trop forts, notamment à droite. Où l'on regarde avec gourmandise les résultats des sondages. Dernier en date, (*) celui publié par « Le Quotidien du Médecin » du 8 février : Nicolas Sarkozy est plébiscité par 46% des médecins libéraux qui se déclarent en sa faveur dès le premier tour de l'élection présidentielle. Conclusion : s'il ne veut pas perdre cette très confortable avance électorale, le candidat doit convaincre son porte parole Xavier Bertrand, également ministre de la Santé, de mettre la main à la poche. Quitte à déclencher une grosse fâcherie avec le patron de l'Uncam.
(Sondage Ifop pour le « Quotidien du Médecin » réalisé auprès de 501 médecins)