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Octobre 2006

Français et biotechnologies : des connaissances à parfaire...

Qu'est-ce que les biotechnologies ? Si la question peut a priori paraître triviale en 2006, elle ne l'est manifestement pas pour les Français. Parler de leur méconnaissance de ces technologies apparues dans les années 80 relève en effet d'un doux euphémisme.

Les résultats du sondage IMS Health pour EuroBio 2006 qui se déroulera cette semaine à Paris montrent ainsi que les Français associent sept fois sur dix les biotechnologies à des technologies permettant d'améliorer l'environnement. En revanche, ils ne sont que deux sur dix à associer biotechnologies et nouveaux médicaments et deux Français sur trois ne rapprochent pas biotechnologies et génétique. Quant à leur utilisation et à leur impact, ce sont encore une fois méconnaissance et approximation qui prévalent. Les trois quarts des personnes interrogées indiquent ainsi que les biotechnologies servent à améliorer l'environnement ou encore à limiter la pollution. Au niveau de la santé, 61 % des Français répondent qu'elles servent à soigner plus efficacement les maladies. Si ces résultats suggèrent que les Français perçoivent les potentiels des biotechnologies et leurs principaux champs d'applications, la majorité des personnes interrogées n'a pas conscience que ses produits font déjà partie de leur quotidien. Ainsi, 56 % des Français se déclarent incapables de citer un exemple de produit ou de procédé issu des biotechnologies intervenant dans leur vie quotidienne. Cette ignorance vaut aussi pour les médicaments, où neuf personnes sur dix déclarent ignorer si les traitements qu'ils prennent, eux ou leur entourage, sont dérivés des biotechnologies.

Toutefois, cette compréhension aux contours imprécis et ce niveau de connaissance « très théorique » n'empêchent pas la majorité des Français (95 %) d'assimiler les biotechnologies à des facteurs de progrès. Les deux tiers considèrent même qu'il faut accentuer les recherches dans ce domaine. Encore une fois, c'est la santé et les médicaments qui recueillent le plus haut niveau de confiance. 94 % des personnes interrogées ne refuseraient pas un médicament biotech parce que leur médecin leur a dit qu'il est issu des biotechnologies.

Alors que ce résultat met en lumière l'importance du cautionnement par le prescripteur, la méconnaissance et la persistance d'imprécisions sur les rôles et l'utilité des biotechnologies continuent à exercer un impact sur leur perception du risque. Ainsi, 54 % des personnes interrogées s'accordent pour dire que les biotechnologies peuvent présenter un risque pour notre santé et 49 % évoquent les risques de détournement par des apprentis sorciers.

Ces chiffres hexagonaux viennent corroborer quelques unes des grandes lignes du dernier Eurobaromètre sur les biotechnologies présenté fin juin dernier à Bruxelles, où un Européen sur deux déclare que les biotechnologies amélioreront leur qualité de vie. La tendance est ainsi à une progression de l'optimisme en faveur des biotechnologies, battant ainsi en brèche la sensation d'une opinion publique européenne moins ouverte aux biotechnologies que les populations nord-américaines. Niveau optimisme, ce sont l'Espagne (score de 75), la Suède (73) et la Suisse (71) qui mènent la course en tête. La France se situe au 9ème rang, avec un score de 49 et double quasiment son niveau de 1999 (25).

Anne-Lise Berthier

* EuroBio 2006 se tiendra au Palais des Congrès, Porte Maillot à Paris, les 25, 26 et 27 octobre 2006.

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