Inquiétudes sur l'avenir des réseaux de santé
Les députés Claude Evin et Yves Bur ont présidé, hier, un colloque sur les réseaux de santé, en présence de plus de 300 participants, inquiets pour l'avenir de ces structures très diversifiées. Un rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) met, en effet, en exergue des « résultats très décevants » sur l'utilisation des financements et le service médical rendu au patient, « chacun vivant sa vie dans son coin ».
L'enveloppe attribuée par l'Etat pour financer les réseaux de santé a été revue à la baisse en septembre, avec 20 millions d'euros en moins qu'annoncé, soit 150 millions d'euros. Une mauvaise nouvelle de plus pour les réseaux déjà affectés par le rapport datant de mars 2006 de l'Igas dans lequel les rapporteurs pointaient du doigt une mauvaise utilisation du financement. Réunis hier au cours d'un colloque, les acteurs de ces réseaux ont fait part de leurs inquiétudes sur l'avenir de ces structures, pourtant en plein développement.
Au problème du financement se rajoutent les problèmes du statut juridique et de la reconnaissance d'un métier à part entière : la coordination. Beaucoup de ces réseaux comportent des associations loi 1901 et regroupent divers intervenants allant du médecin au patient, l'élu, l'assistante sociale... Une situation difficile à gérer. Cela explique sans doute les commentaires de l'Igas sur le cloisonnement de ces structures. « Ce qu'on attend d'eux n'est pas assez clair », insiste Gilles Duhamel, inspecteur général, « les acteurs ne jouent pas le même jeu ». « Chacun vit sa vie dans son coin, mais ils apprennent à se parler », positive quand même l'inspecteur qui préconise de mettre en place un financement basé sur un cahier des charges national par thème, pour simplifier la gestion.
Le président de la coordination nationale des réseaux, Philippe Chossegros, pense que les recommandations de l'Igas vont vers le « tout bureaucratique », « au bout de la chaîne de décision, les exécutants sont considérés comme une charge ». Or « une réforme ne peut se conduire sans l'ensemble des acteurs ». Jean-Luc Bernard, président du collectif inter-associatif sur la santé, confirme « la multiplication des initiatives sur le terrain, mais avec un manque de lisibilité, les réseaux s'entrecroisent et le financement est dans l'obscurité ».
Les réseaux déplorent également d'être toujours considérés comme « en expérimentation » alors qu'ils ont eu souvent le temps de faire leurs preuves. « Un réseau ne se décrète pas, il est le résultat d'une histoire », insiste Alain Quinquis, directeur du centre hospitalier de Bayeux, venu témoigner de son expérience. « C'est un réseau de proximité avant tout ».