L'Asie progresse à pas de géant dans le domaine de la propriété intellectuelle
Les demandes de brevets s'internationalisent, avec une présence de plus en plus marquée de la Chine et de la République de Corée. Tels sont les principaux enseignements du dernier rapport annuel de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) qui met en évidence un doublement en vingt ans du nombre de demandes de brevets déposées. En 2004, ce chiffre a atteint près de 1,6 million contre 884 400 en 1985. Quant au nombre de brevets délivrés, il s'est établi à 600 000 en 2004.
Si plus de 80 % des 5,4 millions de brevets en vigueur dans le monde en 2004 se concentrent dans six pays (Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, République de Corée et France), l'Asie progresse à pas de géant dans le domaine de la propriété intellectuelle. Le rapport de l'OMPI met l'accent sur l'émergence de la République de Corée et de la Chine, devenus respectivement les 4ème et 5ème plus grands offices en termes de demandes déposées. Le nombre de dépôts de brevets émanant de résidents chinois a ainsi été multiplié par cinq en moins de dix ans pour atteindre 65 786 en 2004.
Le système des brevets reste toutefois encore très concentré. Les offices des brevets des Etats-Unis, du Japon, de l'Union européenne avec l'Office européen des brevets, de la République de Corée et de la Chine totalisent 75 % de tous les dépôts de demande et 74 % des brevets accordés dans le monde. Cette concentration s'accroît à nouveau -mais pour combien de temps encore ?- quand on se penche sur l'origine des détenteurs des brevets accordés au cours des vingt dernières années. Japonais et Américains détiennent respectivement 29 et 22 % de l'ensemble des brevets en vigueur en 2004.
En revanche, le Japon et la République de Corée sont les deux pays les plus dynamiques tant pour leur efficacité industrielle que pour leur capacité à exploiter le système international de brevets. Ils occupent ainsi les deux premières places pour le nombre de dépôts par million d'habitants (2 284 au Japon et 2 189 en République de Corée), le nombre de dépôts rapportés par milliard de dollars de PIB (107,3 pour le Japon et 116,2 pour la République de Corée) ou encore pour le nombre de dépôts par million de dollars consacré à la R&D. Comparativement, les résultats des Etats-Unis (avec 645 demandes), de l'Allemagne (587) ou encore de la France (236) font pâle figure.
Lorsqu'on se base sur le critère du PIB, où la moyenne se situe à19 brevets par milliard de dollars de PIB, l'Allemagne, pourtant en troisième place, se situe loin derrière avec un résultat de 22,6 tandis que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine ou encore la France sont très en-dessous de la moyenne mondiale avec des résultats de 22,6, 11,3, 9,4 et 8,8.
De même, la transcription des efforts de R&D en brevets est à la peine. Le nombre de demandes de brevets par million de dollars dépensé pour la R&D a décru de 0,91 en 1997 à 0,81 en 2004. Ici encore, la République de Corée et le Japon font la course en tête avec 4,6 et 3,49 demandes de brevets. Si les résultats de l'Allemagne (0,92), de la Chine (0,78) et des Etats-Unis (0,71) montrent une certaine efficacité à transformer les dépenses de R&D en richesse industrielle, plusieurs pays européens affichent des résultats plutôt médiocres. Le Royaume-Uni n'atteint que 0,62 tandis que la Finlande et la France n'obtiennent que 0,41, loin derrière la Norvège (0,56), la Thaïlande (0,51) ou encore le Danemark (0,46).