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Janvier 2003

"Mort in vitro" (roman de Martin Winckler - sortie le 23 janvier 2003) : une attaque voulue du lobbying des labos

Polar Santé, la nouvelle collection associant les Editions Fleuve Noir et la Mutualité française sera inaugurée le 23 janvier avec la sortie de “Mort in vitro”. Objectif de la collection : « faire des problèmes de santé le ressort même de l'intrigue et répondre, à travers le plaisir de lecture à la demande d'information du public ».

Le début du roman

“Mort in vitro” commence par la mort d'une jeune femme enceinte, suivie par l'assassinat d'un patron de CHU.
L'auteur dépeint dans ce roman l'enquête d'un jeune médecin qui, après avoir observé plusieurs accidents mortels chez des femmes enceintes, s'aperçoit que celles-ci ont pris en traitement contre la stérilité un médicament utilisé uniquement en milieu hospitalier et découvre que l'autorisation de mise sur le marché a été accordée deux fois grâce à une série de malversations...

Notes de l'auteur : dénoncer les liens des médecins avec les labos

Martin Winckler explique qu'il a voulu montrer en particulier, à travers ce roman, que « l'une des principales difficultés que rencontre la gestion saine de la santé en France est l'influence directe de l'industrie sur les prescripteurs. Les informations délivrées directement aux médecins par les laboratoires ne sont pas toutes fausses, mais la majorité d'entre elles sont biaisées et induisent des prescriptions inutiles ou appropriées, faute de recul critique de la part des prescripteurs ».
Dans les notes publiées à la fin de l'ouvrage, l'auteur souligne notamment que « des manipulations similaires à celles (qu'il) décrit dans son roman ne sont donc pas seulement plausibles, mais probablement fréquentes. On est même en droit de penser qu'elles font partie du jeu ».

Pour la Mutualité : un roman “oeuvre de salubrité publique”

Dans le dossier de presse accompagnant le roman, les éditeurs - Editions Fleuve Noir et la Mutualité française - estiment ainsi que les experts chargés d'évaluer les médicaments « trop souvent, sont l'objet de conflits d'intérêts réels, notamment du fait de leurs liens avec les firmes ». Pour les deux partenaires de cette nouvelle collection, « cette situation malsaine ne manque pas de favoriser des médicaments qui ne devraient jamais arriver sur le marché ». S'ils soulignent que « ces aberrations doivent être largement portées à la connaissance du public », ils considèrent également que « doit être dénoncé le risque de voir l'actuelle procédure d'autorisation remplacée par une procédure européenne encore plus faible face à l'incessant lobbying des firmes ».
Face à cette situation, les Editions Fleuve Noir et la Mutualité française estiment donc que « le dossier qu'expose Martin Winckler (est) une oeuvre de salubrité publique, en somme » et énoncent clairement leur souhait que cette dernière puisse « contribuer à ce qu'en France et en Europe une véritable politique du médicament soit mise en place, faisant prévaloir le souci de la santé sur les calculs commerciaux ».

Si les notes associées au roman précisent que toutes les dépêches de ce texte « sont évidemment fausses », l'histoire du médicament utilisé dans Mort in vitro, la dextro/lévogrhémuline, reprend des éléments d'histoires réelles telles que celles de la thalidomide et du distilbène. On peut de ce fait s'interroger légitimement sur les risques de confusion, que la lecture d'un tel ouvrage présenté en tant que roman, qui peuvent être générés dans l'esprit du grand public, pas nécessairement au fait des informations en matière de santé.

Anne-Lise Berthier
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