Le G 10 a remis ses recommandations
au président de la Commission européenne
Le 7 mai, le G10 a remis officiellement au président de la Commission européenne, Romano Prodi, ses "conclusions" sur les moyens d'améliorer la compétitivité de l'industrie pharmaceutique tout en répondant à l'objectif d'une meilleure protection de la santé publique en Europe. Le terme de "conclusions" est celui choisi par la Commission européenne dans l'intitulé de son communiqué de presse alors que l'industrie et d'autres acteurs du secteur de la santé souhaiteraient plutôt que ce rapport serve de point de départ à un véritable processus de concertation permanent au niveau européen.
Lors d'une conférence de presse, le commissaire européen chargé
de l'industrie, Erkki Liikanen, s'est félicité de cet exercice
qui a permis de réunir avec les deux commissaires concernés des
personnalités représentant l'industrie, les systèmes nationaux
de santé, les patients et les mutualités.
Il a rappelé les différents domaines couverts par les recommandations
du groupe qui pour l'essentiel apporte, avec certaines nuances, son soutien
aux propositions formulées par la Commission européenne dans le
cadre de la révision de la législation pharmaceutique européenne.
Ces propositions, actuellement soumises au Parlement européen, viennent
de faire l'objet de rapports élaborés par la Française
Françoise Grossetête (RPR) et la sociale-démocrate allemande
Rosemarie Muller, rapports qui devront encore être discutés en
commission parlementaire avant d'être soumis à la plénière
du Parlement européen à la fin de l'été prochain.
DIALOGUE OUVERT
Le commissaire David Byrne, chargé de la santé et de la protection des consommateurs, a souligné que le G10 a permis d'instaurer un "dialogue ouvert" entre tous les acteurs de la santé et la ministre allemande de la Santé, Ulla Schmidt, a porté un jugement positif sur ce débat qui a permis de confronter les intérêts des industriels, en termes de compétitivité et d'innovation, et des Etats membres qui doivent garantir l'accès des citoyens aux médicaments à des coûts acceptables. Evoquant la nécessité d'une stratégie commune des Etats membres dans l'intérêt des citoyens, Mme Schmidt a notamment plaidé pour le développement de l'échange d'informations et d'expériences entre les pays de l'Union. Angela Coulter, qui représentait les patients au sein du groupe, a aussi insisté sur la nécessité de garantir aux patients un accès rapide et sans coûts démesurés aux médicaments.
DES SUJETS QUI RESTENT A ABORDER
Le président de l'EFPIA et de Sanofi-Synthélabo, Jean-François Dehecq, est revenu sur la perte de compétitivité de l'industrie européenne et, évoquant l'annonce le matin même du transfert de la direction de la recherche du groupe Novartis aux Etats-Unis, il a estimé que, suivant cet exemple, les entreprises européennes vont de plus en plus investir et délocaliser leurs activités aux Etats-Unis qui leur offrent un marché plus vaste et plus rentable.Tout en se félicitant des recommandations du G10 visant à stimuler la recherche, mieux rétribuer l'innovation et faire une place aux génériques, M. Dehecq a dit que le vrai défi demeure celui de " l'accès rapide aux marchés à un prix équitable " et il a déploré que ce message n'ait toujours pas été entendu par les Etats membres. Il a cité l'exemple de l'Italie qui vient de réduire les prix des médicaments de 5 %. Pour lui, le rapport du G10 ne doit " pas être une conclusion " parce qu'il n'a pas abordé les vrais sujets : la fixation des prix au niveau national, la fragmentation du marché européen et le commerce parallèle.